L'adénocarcinome prostatique

1) Fréquence

Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l’homme après 50 ans. C’est la deuxième cause de décès par cancer chez l’homme. L’incidence croit avec l’âge entre 50 et 80 ans. Plus de 50% des hommes de plus de 80 ans ont un cancer de la prostate méconnu.

2) Le dépistage

Sont concernés tous les hommes de 50 à 75 ans, mais 45 ans pour les hommes d’origine africaine ou antillaise et les hommes aux antécédents familiaux de cancer de prostate.
Le dépistage repose sur le toucher rectal (18% des cancers sont diagnostiqués au toucher rectal alors que le PSA est normal) et le dosage du PSA. Le seuil de PSA actuellement retenu est inférieur à 4.

3) Le diagnostic

Le diagnostic de cancer de prostate est établi par les biopsies prostatiques, ces dernières sont généralement réalisées en ambulatoire sous anesthésie locale.
La biopsie permettra de confirmer l’existence d’un cancer et définir le degré d’agressivité de la lésion (Score de Gleason).

4) Bilan d’extension

Le bilan d’extension comprendra la réalisation d’une IRM prostatique et d’une scintigraphie osseuse, qui sera fonction du taux de PSA initial et du score de Gleason.

5) Prise en charge thérapeutique

* La prostatectomie radicale

La prostatectomie radicale est l’intervention consistant à réaliser l’ablation de la glande prostatique et des vésicules séminales. L’opération est réalisée sous anesthésie générale par voie coelioscopique. Après avoir introduit une caméra au niveau de l’abdomen, un gaz est insulfé de manière à créer une cavité permettant la libération de la prostate. La continuité entre la vessie et l’urètre est assurée par une suture sous couvert d’une sonde urinaire qui sera retirée à distance de l’intervention. Un drain est laissé en place durant quelques jours de manière à assurer un drainage des sécrétions. Dans certain cas un curage ganglionnaire pourra être réalisé dans le même temps à la recherche d’une dissémination du cancer.

La durée d’hospitalisation est variable de quelques jours à une semaine.

* La radiothérapie externe

La radiothérapie externe consiste à éradiquer la maladie par irradiation de toute l’aire prostatique. Les effets sont à la fois physiques par ionisation et chimiques par action directe sur l’ADN et indirecte par radiolyse de l’eau. Il est délivré entre 70 et 78 Gray sur plusieurs semaines.

* La curiethérapie (ou brachythérapie)

L’irradiation est réalisée de l’intérieur par l’implantation d’aiguilles radioactives sous contrôle échographique et anesthésie.

* Les ultrasons focalisées de haute intensité (HIFU)

Il s’agit d’une destruction tissulaire par choc thermique par un faisceau focalisé d’ultrasons. L’intervention est réalisée sous anesthésie générale ou rachianesthésie par voie transrectale sous contrôle échographique, après réduction du volume prostatique.

* La surveillance active (Option thérapeutique)

La surveillance active est réservée au cancer de la prostate peu agressif, dit de faible risque.
Cette modalité de prise en charge implique une surveillance clinique régulière par la réalisation d’un toucher rectal, biologique avec un dosage régulier du PSA et des biopsies prostatique de réévaluation au minimum annuel.
En cas de progression clinico-biologique, la surveillance sera interrompue et un traitement curatif sera proposé.

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